Une visite qui va changer le reste de ma vie de prof

Avant le 27 avril 2016...

J'ai rencontré Pierre-Olivier Jetté, Catherine Michaud, Mélissa Joubert et Mélanie Houle. Quatre enseignants qui partent de Drummondville un mercredi soir pour venir à un souper pédagogique presque parfait à Montréal, faut quand même le faire. Pierre-Olivier, Catherine et Mélissa enseignent au programme Voie d'avenir au Collège St-Bernard. Mélanie enseigne en première année au primaire.

J'avais échangé un peu avec Pierre-Olivier sur Twitter avant cette rencontre. Très drôle et qui n'a pas peur de défendre ses idées pédagogiques, je peux dire que nos visions (et nos personnalités) ont connectées très rapidement.

Je me suis questionné dès ce moment sur le programme Voie d'avenir. Et suite aux excellents commentaires sur sa présentation au colloque du REFER, je me disais qu'il faudrait bien que j'aille voir ce qui se trame à Drummondville. Mes EXTRACALIFRAGILISTIQUES collègues (et amies) du primaire Julie Chandonnet et  Catherine Lapointe ont décidé d'aller rendre une visite à l'équipe. J'ai sauté sur l'occasion. Et par la suite, le non moins bout-en-train Carl Parent s'est joint à ce qui allait devenir un road trip à Drummondville.

Je ne savais pas à ce moment que le 27 avril 2016 allait devenir une plaque tournante dans mon développement professionnel.

La fébrilité de ce voyage pédagogique s'est fait sentir en messages privés sur Twitter 1 mois avant LE 27 avril. Ah oui et j'ai oublié de vous dire, j'ai pris une journée de maladie pour ce road trip. Et oui, je suis comme ça, j'aime mieux passer mes journée de maladie à jaser pédagogie que d'aller au spa 🙂

 

27 avril 2016...avant le coup de foudre

Départ à 7h de la maison pour arriver le plus tôt possible. À 6h09, nous avions un message de Pierre-Olivier:

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Je crois qu'il avait aussi hâte que nous finalement !

 

27 avril 2016...le coup de foudre avec les élèves

Dès la rencontre avec mon guide pour la journée, Antoine, je savais que cette journée allait être extraordinaire. J'avais même reçu un message vidéo de 3 minutes de ce jeune adulte quelques jours avant mon arrivée.

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Cette première heure avec Antoine m'a permis de découvrir un jeune adulte articulé, fier de son passage au groupe 28 et qui savait déjà ce qu'il voulait faire comme travail. Il m'a avoué avoir testé les limites de ses enseignants à son arrivée. Son adaptation à ce nouvel environnement pédagogique lui a pris environ 4 mois. Il était sceptique au départ, il ne croyait pas vraiment que ça se passait comme cela. Comme quoi les façons de faire qui sont en place depuis plusieurs années laissent des traces souvent difficiles à faire disparaître. Antoine est un adepte du motocross. C'est l'une de ses passions.

Ensuite, la tribu de Québec est arrivée. Comme on ne se voit pas souvent, ce genre de rencontre est importante. Nos amis pédagoqiques nourissent la flamme qui brûle en chacun de nous.

J'ai pu discuter avec des élèves tellement heureux de faire partie de cette famille, car il ne faut pas se tromper, ce n'est pas un groupe, c'est une famille. C'est une jeune fille d'une famille de 12 enfants (oui, oui, vous avez bien lu), Karelle qui m'a dit que son groupe, c'est la même chose que sa famille. Son message: elle est triste de savoir qu'il y en a d'autres comme elle qui ont de la difficulté à faire leurs devoirs le soir mais qui n'ont pas accès aux mêmes ressources qu'elle. Je vote pour Karelle comme consultante au ministère. De plus, ce qu'elle veut faire comme travail: enseignante. Mais pas n'importe quelle enseignante, elle veut le poste de monsieur Jetté ! Également, une autre élève, Charlotte, qui a une vision de ce que devrait être notre système d'éducation que ça ferait rougir certains enseignants. Et Charlotte a une maman en or qui s'implique dans la vie de sa fille et de deux autres de ses enfants qui font partie du programme. Merci les filles pour ces beaux échanges et merci maman de Charlotte pour les bonnes chocolatines.

Je vous suggère fortement de suivre ces deux jeunes filles sur Twitter. Une légère impression qu'elles se feront entendre.

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27 avril 2016...le coup de foudre mathématique

Catherine Michaud et Pierre-Olivier Jetté s'occupent des maths. Une équipe du tonnerre. Catherine a la tête pleines d'idées inusités mais toujours très intéressantes autant pour les élèves que pour les profs. Que ce soit de faire un jeu d'Uno avec des expressions algébriques ou courir dehors pour travailler les rapports trigonométriques, voilà deux exemples qui décrivent bien Mme Michaud. Mais comme plusieurs profs innovants, elle a le syndrome de l'imposteur. Elle trouve ce qu'elle fait bien ordinaire, mais il n'en est rien. Ce qu'elle fait est extraordinaire. Et j'ai réussi à la convaincre de venir présenter ses idées au congrès du GRMS. Je suis un fan.

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Et les élèves...que du bonheur. Il y a un respect mutuel entre eux pour s'entraider. J'ai travaillé un peu avec des élèves de CST4. Constat: jamais un élève ne s'est plaint que c'était trop difficile, ou jamais je n'ai entendu «je ne comprends rien». Aussitôt qu'un élève se pose des questions, un autre propose des pistes, amène des arguments; une réelle discussion mathématique est présente. Évidemment, j'ai vu le fruit de plusieurs heures de travail de toute cette équipe d'enseignants dévoués et dynamiques. Je suppose que tout n'était pas parfait dès le départ.

 

27 avril 2016...le coup de foudre de l'équipe

Mélissa Joubert et Valérie Tremblay s'ajoutent à cette équipe. Deux autres enseignantes qui carburent à la créativité et au dépassement de soi. Mélissa me confiait que peut-être elle n'enseignerait plus aujourd'hui si elle était restée dans un modèle que l'on connait trop bien.

Une équipe tissée serrée, qui passent l'ensemble de la journée ensemble ont le désir de se voir la fin de semaine et de partager un bon souper avec les familles. Je crois qu'un de leur secret est la passion et l'amitié. Ils nous donnent envie de venir travailler avec eux...j'irais même jusqu'à dire bénévolement.

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Je ne remercierai jamais assez les élèves et les enseignants pour cette journée. Je ne me cacherai pas, écrire ces lignes me rendent heureux et triste à la fois. Heureux de pouvoir partager ce que j'ai vécu mais triste que cette journée soit si vite passée. Au même titre que certains congrès nous donnent de l'énergie pour continuer, je me dis que je dois aller travailler avec ces élèves et ces enseignants une journée par année. C'est une demande officielle à toute l'équipe: vous faites partie de mon développement professionnel et j'ai besoin de vous à partir de maintenant. Mais l'an prochain, je ne visiterai pas. Je mettrai la main à la pâte pour travailler avec vous.

Comme je le disais en fin de journée aux élèves, ces trois mots ne sont pas seulement écrits sur les murs mais ils transpirent dans leurs actions quotidiennes. J'ai vu ces trois mots «live» pour emprunter leur jargon au goût du jour. J'ai vu ces trois mots vouloir dire quelque chose pour eux. Ils sont importants. Ils sont à la base de leur quotidien. Ils font en sorte qu'ils ont envie de venir travailler en classe à chaque jour. Et ça, on ne vérifie pas ça dans un examen. Ça se vit.

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À propos de l'auteur

Jocelyn Dagenais

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